Fin des années 90 est sorti Cliffhanger !, un label de creator owned (Quoi, vous ne savez toujours pas ce que ça veut dire ? Mais c’est le monde du comic books ici, pas du franco-belge, va falloir apprendre ses codes) d’artistes plébiscités par le public et qui voulaient raconter leurs propres histoires.
Le point de départ de ses séries pour attirer son public était assez simple : Tout miser sur la couverture du premier épisode pour le feuilleter. Ah mais oui ! C’est censé être le cas depuis l’invention de livres, BD et pochettes de disques de toute façon. Exact !
Mais, dans les années 90, pour achalander le client, on a misé sur un nouveau type de couvertures : Les covers pin-up.
Initié fin années 80, début 90 par des dessinateurs professionnels dans l’anatomie féminine (Lee, Turner, Campbell,…), Cliffhanger ! a poussé le bouchon à son extrême pour la sortie de ses trois premières séries. Des filles aguicheuses à souhait qui vous poussent à vous attarder dessus. Heureusement, au-delà de la position lascive, c’est toujours le trait qui prime.
Ces covers, ça m’a sauté aux yeux. Je m’en souviens parfaitement. C’étaient mes premiers comics hors Marvel. Je n’avais plus rien à lire et le hasard offrait, dans le même temps à la maison de la presse, les numéro 1 de Crimson, Danger girl et Battle chasers chez Semic. Je vous rappelle que les trois sont une cover d’une pépé bien rembourrée. Au-delà du dessin attirant, c’est le style du dessin qui m’a attiré et poussé à les acheter (et mon dieu que j’ai bien fait). Donc les nénés bien ronds, oui oui, mais encore faut-il qu’ils soient bien esquissés.
Après, un dessinateur admet souvent en plus qu’il préfère dessiner une jolie fille qu’un mec (ou qu’une fille moche mais ça, ils le disent jamais). Donc, on a parfois sous nos yeux des reliques de vieux fantasmes post-adolescents encore mal évacués.
Avec les couvertures, la démonstration est plus... éloquente.
Ces couvertures m’attiraient fortement, bien sûr, mais j’avais quand même une grande hésitation à acheter la bd (que je savais très différente de son aspect extérieur vendeur) par rapport au regard de ma mère ou de la caissière. C’est quand même limite érotique, surtout dans la tête d’un gamin.
Je vous jure, j’ai vraiment hésité mais le dessin intérieur et les couleurs me plaisaient tant que je suis passé outre. Qu’est-ce que je suis content, encore de nos jours, que de les avoir chez moi ces petits comic books.
Et c’est comme ça que j’ai vraiment découvert Humberto Ramos avec Crimson, J. Scott Campbell avec Danger girl et confirmé mon adoration pour Joe Madureira sur Battle Chasers puis, plus tard, Chris Bachalo sur Steampunk.